mardi 15 mai 2012

XXX ¤ Boîte de Nuit / Frissons d'Autocars


Si vous avez aimé le 45t de Primates, alors ce nouveau post devrait lui aussi vous plaire. Et même si ce n'est pas notre style de prédilection, nous nous devons de partager cette curiosité franchouillarde au nom plutôt évocateur.
Dans le magma naissant des autoproductions new wave, cet obscur groupe baptisé XXX (lol) se rapproche de formations plus révérées telles Les Soucoupes Violentes, en accentuant le côté météorique car cette sortie de 1980 est à la fois leur première et dernière ! Paru sur le label Dorian (un des nombreux sous-labels de Celluloid) aux côtés de Jacno, Mathématiques Modernes ou des excellents Artefact, ce disque n'en a tout de même pas les qualités technico-artistiques, loin s'en faut... Mais c'est sans doute ce côté foutraque affirmé qui lui donne sa saveur, entre le chant sur-saturé de "Boîte de Nuit" (et sa guitare pas toujours dans les clous) dont les paroles ne veulent à peu près rien dire comme le veut la tradition française, et l'instrumental "Frissons d'Autocars" (sic), distordu à cause d'un pressage défectueux sur cette face ! De toute manière peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse...

Jugez-en : heep://www.multiupload.nl/WGQKTZZSZ9

mardi 1 mai 2012

More to come

Watch out, Hanimex3000 is about

jeudi 1 mars 2012

Jean-Pierre Bottura ¤ Danse Jazz Moderne


De par sa qualité d'enseignant en danse moderne et histoire de la danse au CNR de Paris, Jean-Pierre Bottura n'est pas spécialement cité dans les listes de recherche des diggers. Pourtant, "Danse Jazz Moderne" est un des rares disques consistants consacrés à l'accompagnement des danseurs, en dehors de certains titres de la pléthorique collection Unidisc, label à but pédagogique s'il en est. L'instrumentation est ici confiée à un big band où intervient le regretté Guy Pedersen (au patronyme mal orthographié sur la pochette), contrebassiste talentueux qui accompagna Baden Powell et signa d'excellents disques de library, entre autres faits d'armes prestigieux. Les arrangements sont l’œuvre du pianiste Christian Zysset, qui a lui aussi plusieurs illustrations à son actif.
Six morceaux sont au programme de cette autoproduction. Les trois compositions de la face A sont des variations d'un même thème dénommé "Pop Corn" subissant des variations de tempo et surtout de métrique : d'abord à 4, puis 3 et enfin 5 battements. Dans le morceau inaugural "Pop Corn - 4", la rythmique installe un swing rapide, dialoguant avec les phrases enjouées des cuivres, avant que ceux-ci ne s'emparent du thème, accompagnés du piano. Les chorus de saxophone ténor et de trombone maintiennent la pression, bien soutenus par le reste de l'orchestre. La version suivante "Pop Corn - 3" est exécutée plus lentement et sur un rythme ternaire 6/8. La trompette prend cette fois les commandes du discours, suivie de la flûte et du piano. A noter le contrepoint des cuivres avant le retour du thème, permettant d'occulter la rythmique très détachée sur cette version. Le swing revient de façon plus évidente sur le morceau concluant la première face, "Pop Corn - 5". La métrique est maintenant impaire (5/4), suivant l'exemple du célèbre "Take Five" de Paul Desmond, composition dont la popularité auprès des big bands de l'époque est assez stupéfiante... Là encore, c'est par un chorus de sax ténor que débute le bal des improvisations, au milieu des phrases de cuivres surplombant l'ostinato du piano, avant que la trompette puis la flûte ne s'approprient la trame mélodique du morceau, les cuivres ayant encore une fois le dernier mot. Les différentes couleurs proposées lors de cette première face typée jazz relèvent d'un fort sympathique effort, tandis que la seconde va s'attarder sur le qualificatif "moderne". Elle démarre avec une dernière version alternative du morceau "Pop Corn", menée ici par une rythmique pop binaire et donc dénommée "Rythme and Blue Pop Corn". Les cuivres imposent une ambiance nerveuse, pour lancer un fort sympathique solo de sax ténor, suivi par la trompette (ici en mode mineur) puis la flûte, après un interlude volontaire du trombone. Sous l'effet de la basse (électrique cette fois), le pont permet au morceau de décoller complètement avant une seconde intervention du sax ténor et du trombone. La batterie mixée assez en avant tient un rôle clé dans la cohésion et le dynamisme de l'orchestre : c'est du sérieux... "Samba" enchaîne sur un tempo vif avec une introduction tout à fait samplable (sic) aux percussions, bientôt rejointes par la basse avant que la virevoltante flûte ne prenne les devants, lançant des phrases bien en rapport avec le titre du morceau. A défaut de véritablement s'imaginer à Bahia ou Rio, l'énergie et l'émotion sont au rendez-vous jusqu'au fading final. Le dernier morceau "Rythme Primitif", introduit par des tambours africains, voit là encore les envolées de la flûte dominer les débats, cette fois sans l'appoint de la basse.
A défaut de savoir quels pas de danse effectuer sur cette musique, force est de constater que la rythmique tient un rôle prépondérant pour entretenir la tension. Par instants, cette session rappelle certains disques de library contemporains tels "Jazz Panorama" de Raymond Guiot, ou le "Dance and Mood Music Vol. 18" signé Les Prospection (sic), enregistrés eux aussi au début des années 70. Il faut aussi saluer la présence d'improvisations inspirées tout au long du disque, ce qui n'est pas si fréquent en library, puisque les heures de studio étaient généralement très limitées ou les musiques très "écrites", sans parler des difficultés pratiques à contourner pour réunir un orchestre au complet (cf 'Paris Point Zéro')... Une preuve de plus arguant que ce big band était particulièrement bien rodé, et donc propre à retenir notre intérêt.

Enjoy : http://www.mediafire.com/?eo6cytysaacb2sw

Terminons en évoquant le collage "vasarelyesque" illustrant la pochette : réalisé à partir de photographies d'instruments de percussion, voilà un plus appréciable pour les esthètes (que nous sommes), sensibles à l'attrait de l'"objet" vinyl. Ce design est d'ailleurs réutilisé pour le faux jumeau "Danse Jazz Training" avec une teinte marron clair au lieu du bleu. Sur ce disque moins intéressant à partager puisque constitué de cinq pièces uniquement interprétées à la batterie (dont un rhythm and blues de 17 minutes !!), vous trouverez plutôt de quoi nourrir votre sampler... Et si c'est précisément le rapport avec la danse qui vous motive, alors le label américain Hoctor vous comblera (attention toutefois, certaines cotes ont trois digits).

mercredi 1 février 2012

Splashzone

Comme il semble que nous ayons toujours un problème avec la technique, on attendra avant de découvrir la prochaine rareté du blog.


Il y a néanmoins du changement : d'abord de nouveaux liens de télech qui marchent, n'en déplaise à la racaille impérialiste, ensuite une grosse megaupdate du post "Umbañ et WAC" avec de belles images comme on aimerait en voir plus souvent... worth checking out.

lundi 1 mars 2010

Daniel Bechet ¤ Songs to My Father


Absolument tout le monde connaît, ou a au moins entendu parler du louisinais Sidney Bechet. Cet ancien membre de l'orchestre de Louis Armstrong passa les dix dernières années de sa vie en France, où il fut extrêmement populaire : Antibes et les clubs de Saint-Germain des Prés lui doivent beaucoup. "Sid B" (ouah le jeu de mots) fut surtout le premier musicien de jazz à privilégier le saxophone soprano, en y arrachant un vibrato caractéristique que d'aucuns jugeaient vulgaire, car trop affecté.
En revanche le parcours de son (unique? dernier?) fils, Daniel, est bien moins souvent retracé par les encyclopédies. Les inconditionnels du swing se souviennent peut-être que Sidney lui dédia une composition ("Daniel"), tout comme il le fit en honneur de son épouse Jacqueline ("Nous Deux"), la mère de Daniel. En dehors de ça il n'y a pas pléthore d'information, et ça n'a rien d'étonnant : que sait-on des enfants de Django ou Boris Vian ?... En tout cas Daniel Bechet est batteur, ce qui écarte toute tentative de comparaison avec le jeu du grand Sidney.
Il paraît logique que la maison de disques parisienne Vogue ait été choisie pour cet album intitulé Songs to my Father : la firme avait produit les albums "français" de Sidney Bechet (majoritairement posthumes...). Les maigres crédits de pochette ne mentionnent pas les noms des musiciens qui accompagnent Bechet fils. A l'écoute ils semblent au moins trois (guitares et basses électriques, claviers), augmentés de quelques instruments à vent ou percussion sur trois des neuf morceaux proposés. Tout cela ne dit cependant pas à quoi nous avons affaire.
La typo néon, la photo vaporeuse, le style vestimentaire (no comment !) et l'année de parution (1979) font frémir de prime abord. Même si l'habit ne fait pas le moine, en référence à ce sublime perfecto sans manches, il n'est certainement pas question d'hommage à la Nouvelle-Orléans... Vous flippez ? Eh bien contre toute attente l'écoute révèle un album de smooth jazz légèrement funky tout à fait recommandable ! Le rythme est beaucoup, beaucoup plus cool que chez Cortex par exemple, mais le feeling est assez voisin de ce que les deux Alain proposaient de plus soft à cette époque, sans paroles toutefois (à part quelques wordless vocals par-ci par-là). Le premier morceau, intitulé "Sweet Stuff", illustre cet état de fait, et vous annonce que ce disque convient parfaitement à un après-midi farniente. Le groove (et encore) fait son apparition sur "Woodcutter's Lullaby", ainsi que sur "Oui de Song" et surtout "Brother Jacques", version improbablement boogie de la comptine populaire "Frère Jacques", subissant une accélération de tempo et chantée en anglais ! Pour le reste c'est tout à fait smooth, sans trop de relief certes, mais comme la bête est rare... La session ne transpire pas la virtuosité, cependant les protagonistes semblent plutôt à l'aise. Ils sont surtout beaucoup plus doués que les pignoufs à qui l'on doit les horribles albums de space disco (ou de faux breakdance) de l'époque, qui contribueront par leurs méventes à conduire Vogue à la ruine peu de temps après, en dépit de la mainmise du label sur la distribution hexagonale de la go-go music et du hip hop old school au début des années 80.
La liquidation judiciaire de Vogue fut prononcée vers 1986, l'entreprise n'ayant pas pu aborder le virage technologique du CD. Corollaire fâcheux, la décision de justice imposa la destruction des stocks... Toutefois plusieurs centaines de caisses furent sauvées et embarquées par camions entiers grâce à d'anciens employés légitimement effarés à l'idée de voir disparaître en fumée (bien noire) un volet de la culture populaire française. Car si Vogue a commis énormément de grosses bouses à base d'accordéon ou de chanteurs éreintants, le catalogue comportait quelques tueries signées Raoul Zequeira, Barney Wilen, Chico Magnetic Band, Laurent Petitgirard, Ryco-Jazz... oui, on peut dire "dommage".
Produit à un très petit nombre d'exemplaires, et apparemment sans suite, ce disque sympathique de l'inattendu Daniel Bechet mérite le détour, ne serait-ce qu'à cause de son exclusivité, justement.

Taste it : sdtp://www.mediafire.com/?qc8r9rpj5kk8tmn

Signalons qu'il y a quelques années, Daniel Bechet fut contraint de vendre aux enchères l'intégralité des biens hérités de son père, y compris le soprano, afin de rembourser certaines dettes contractées au jeu. Un beau gâchis, même s'il n'est pas le premier artiste à avoir connu cette extrémité. D'un autre côté, il n'aurait pas gagné beaucoup plus en rééditant "Songs to My Father"... En tout cas, après cette expérience malheureuse, et quelques featurings avec Bob Sinclar (!!!!!), Daniel Bechet a retrouvé une actualité artistique tangible, comme en témoigne son site Internet personnel.

lundi 15 février 2010

New post on the run !


Après plusieurs contraintes inopinées qui en ont retardé la sortie, le nouveau post est enfin prêt. Comme d'hab, c'est de l'inédit. En attendant la publication, allez pourrir les commentaires de ce blog...